Kinshasa et ses dates maudites du 19

Illustration d'un calendrier en date du 19 décembre

Illustration d’un calendrier en date du 19 décembre

Dans le calendrier de la sombre histoire politique de la République démocratique du Congo, s’y ajoute encore un autre 19. Un 19 d’agitation, d’incompréhension et de barbarie. Sanglant comme d’habitude, ce 19 n’a pas pu s’empêcher d’emporter avec lui des victimes. 50 morts et 77 blessés selon le Haut-commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme. Tel est le bilan des affrontements de ce 19 septembre qui ont ébranlé Kinshasa pendant plus de 48 heures. Ils ont tous été tués en marge de la marche prévue, au départ, devant les bureaux de la Commission électorale nationale indépendante pour avertir le président Joseph Kabila de quitter le pouvoir au terme de son dernier mandat, mais qui n’avait pas tardé à se métamorphoser en une guerre entre les forces de l’ordre et les manifestants. Une guerre durant laquelle il y avait eu échange de pierres contre les tirs des kalachnikovs dans différents points chauds de la ville de Kinshasa.

Mais il semble que Kinshasa se laisse embarquer dans la tourmente des « 19 meurtriers ». D’autant qu’avant les insurrections du 19 dernier, la capitale congolaise avait déjà été le théâtre des affrontements sanglants entre les manifestants et les forces de l’ordre, un certain 19. C’était en janvier 2015. Alors que la population amorçait, dans un air festif, le dernier virage du premier mois de l’année 2015, le 19 de ce mois était venu balayer la paix qui régnait encore jusque là dans la ville exactement comme un ouragan qui emporte tout sur son passage. Kinshasa avait brusquement basculé dans un bain de sang durant 3 jours. Avec une quarantaine de morts qu’elles avaient provoqués, ces violences du 19 janvier 2015 s’inscrivent dans le même combat que celles du 19 dernier qui consiste à revendiquer la tenue des élections dans les délais constitutionnels afin d’établir un nouveau gouvernement avec de nouvelles institutions.

Même si le calme semble revenir depuis les dernières tueries, l’histoire est loin d’être finie. Kinshasa demeure toujours dans le cycle de la violence de ses « 19 maudits ». Oui ! Il y a encore un autre « 19 meurtrier » qui pointe à l’horizon. Il sera probablement le plus violent des autres « 19 sanglants » qui sont passés. C’est le 19 décembre 2016. Date à laquelle le président Joseph Kabila est contraint de quitter le pouvoir, conformément à la Constitution, après qu’il aura achevé son tout dernier mandat. Pourtant à l’heure actuelle où les choses bouillonnent, rien ne garantie encore une issue pacifique de cette date redoutable. Les signaux sont toujours au rouge. L’espoir de vivre la toute première alternance en RDC s’envole petit-à-petit. Car le président sortant ne manifeste aucune volonté de céder son fauteuil présidentiel. Cela chiffonne ses opposants qui ne cachent pas leurs intentions de le chasser par la force. Le dialogue en cours, censé apaiser les esprits de ces acteurs politiques pour éviter le chaos, se déroule, lui-même, sous un fond de violences à répétition. La population congolaise craint, donc, le pire. De ce fait, elle tourne les yeux vers les cieux et s’en remet au miracle divin pour passer les festivités de fin d’année en bonté et tranquillité.

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Will Cleas

Will Cleas

Journaliste 2.0, viscéralement passionné par les nouveaux médias, insatiable curieux en informatique et j'adore pianoter mes mélodies préférées à mes heures perdues

3 Des réflexions sur “Kinshasa et ses dates maudites du 19

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