Joseph Kabila, un président hors la loi ?

Kabilie

Dans son article 12, la Constitution de la République démocratique du Congo stipule que tous les Congolais sont égaux devant la loi et ont droit à une égale protection des lois. Mais le président Joseph Kabila, chargé du respect de cette loi fondamentale, semble s’en écarter.

Lors d’une interview qu’il avait accordée à Jeune Afrique en 2007, le président de la RDC avait donné sa « parole d’officier » de respecter la Constitution congolaise qu’il avait, lui-même, promulguée dix ans plutôt. Voilà après plusieurs jours de suspens depuis que ses intentions d’aller à l’encontre de ce texte sacré se profilaient, aujourd’hui plus rien ne sème le doute : le président congolais ne respectera donc pas l’article 73 et l’article 220 de la Constitution qui le contraignent à quitter le pouvoir ce 19 décembre 2016, date butoir de son dernier mandat. Car, après avoir obtenu l’approbation de la Cour constitutionnelle qui lui permet de rester à la tête du pays au-delà de la limite accordée par la Constitution, Joseph Kabila bénéficie également du feu-vert d’une frange de l’Opposition qui l’autorise à conduire la transition jusqu’à l’organisation de l’élection présidentielle repoussée au mois d’Avril 2018. Cette dernière résolution résulte de l’Accord signé par les parties prenantes lors d’un controversé Dialogue convoqué par le président de la République pour tenter de négocier avec les différents ténors de l’Opposition qui réclament son départ au terme de son dernier mandat et cela en conformité avec la Constitution de la République.

Mais contrairement à ce que beaucoup avaient espéré, ce Dialogue, censé réconcilier les acteurs politiques en dissension pour tenter de sortir le pays de la profonde crise qui l’engouffre, a plutôt été une nouvelle goutte d’huile dans le feu. A peine l’Accord, issu de ces assises, mis sur la table, son application pose problème. Exactement comme il l’a fait avec la Constitution, le président Kabila semble aussi fouler aux pieds certains points de cet Accord dont il avait, lui-même, promis de respecter.

Dans le point C de son article 17, l’Accord veut que le nouveau gouvernement, qui sera en fonction pendant la période transitoire jusqu’à l’organisation des scrutins, soit établi dans les 21 jours après sa signature. Une tâche confiée au président de la République qui doit nommer un nouveau premier ministre dans cette échéance afin d’amorcer l’application de cet Accord.

Pendant que les signataires de l’Accord ont les doigts croisés espérant voir ce nouveau gouvernement être établi dans le délai prévu, le président Kabila décide de nager à contre-courant. Pour ce dernier, les 21 jours sont à compter à partir du moment où les conclusions de ce Dialogue lui ont été présentées, soit une semaine après la signature de l’Accord. Cela viole indubitablement le fameux article 17 de cet Accord qui avait pourtant lancé le compte à rebours de l’échéance depuis le 18 octobre, date de sa signature. La faute à qui ? Aux signataires de l’Accord qui ont présenté l’Accord une semaine après sa signature? Ou au président de La République qui n’a pas l’air de se soumettre aux règles établies pour la bonne marche du pays? Telle est la question qui a lancé le débat.

 

 

 

 

 

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Will Cleas

Will Cleas

Journaliste 2.0, viscéralement passionné par les nouveaux médias, insatiable curieux en informatique et j'adore pianoter mes mélodies préférées à mes heures perdues

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