Pourquoi la Cour suprême Kenyane fait parler les Congolais

La Cour suprême du Kenya/ Photo depuis www.rfi.fr

La décision de la Cour suprême kenyane d’annuler la présidentielle fait couler beaucoup d’encre dans beaucoup de pays en Afrique. Notamment en République démocratique du Congo, les avis divergent sur cette décision assez originale dans un continent où les instances judiciaires sont souvent accusées d’être à la solde du plus fort. Et la Cour constitutionnelle congolaise en fait l’objet en ce moment-même, d’ailleurs.

En effet, dans la crise politique que traverse la République démocratique du Congo, la Cour constitutionnelle assume une part de responsabilité. Alors que le président Kabila devrait quitter le pouvoir au terme de son dernier mandat constitutionnel en septembre dernier, cet organe chargé d’assurer la primauté effective de la constitution congolaise a autorisé en mai 2016 le président congolais de rester au pouvoir au de-là de la limite qui lui est accordée par la constitution. Et cela jusqu’à l’installation effective du nouveau président élu. Pendant que les élections présidentielles, censées se tenir la même année, peinent à s’organiser jusqu’à aujourd’hui. Ainsi, la décision de la Cour constitutionnelle congolaise n’a fait qu’envenimer la situation qui était déjà tendue. Jusqu’à ce jour, des effets se font sentir. Vu que l’opposition politique continue à réclamer le départ de Joseph Kabila. Parfois au prix du sang, à travers des manifestations plus ou moins pacifiques mais violemment réprimées par les forces de l’ordre.

La Cour suprême Kenyane, un modèle de la justice

Beaucoup de Congolais saluent la décision de la Cour suprême du Kenya. Ils en saisissent l’opportunité pour rappeler la Cour constitutionnelle congolaise à l’ordre. Sachant que la Cour Kenyane a fait preuve de courage et de justice visant à préserver la paix et la démocratie dans le pays. Contrairement à sa paire, la Cour constitutionnelle congolaise qui, au lieu de lutter contre la fraude et d’autres abus, elle se soumet plutôt aux ordres du plus fort. Et cela au détriment des principes démocratiques dans un pays en proie à la corruption déjà depuis pas mal d’années. Un pays actuellement déchiré par une crise multisectorielle et où la violation des droits de l’homme devient un fait banal.

C’est vrai que la loyauté de la Cour suprême kenyane ne changera peut-être pas grand-chose sur la situation politique de la République démocratique du Congo. Mais ça reste une leçon non pas seulement pour la RDC mais aussi pour l’Afrique entière. Laissant place à une lueur d’espoir de voir le vieux  continent, réputé pour ses innombrables crises institutionnelles dans la plus part de ses pays, entreprendre petit-à-petit la bonne pratique de la démocratie.

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