La RDC, un État tortionnaire sur le banc… des juges

Arrestation brutale en marge d’une manifestation à Kinshasa contre le pouvoir de Joseph Kabila (Photo d’illustration). © AA/Pascla Mulegwa

La République démocratique du Congo (RDC) élue membre du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Cette nouvelle a eu l’effet d’une rafale de tonnerres annonçant la tombée imminente de la pluie diluvienne. Entre la joie immense du parti au pouvoir et la frustration des défenseurs des droits humains, une seule question se pose : Comment un État de non-droit peut-il siéger comme donneur des leçons en matière du respect des droits de l’homme alors qu’il est lui-même dans le collimateur de la justice internationale suite aux nombreux abus, notamment des tortures, des arrestations arbitraires sans oublier des assassinats ciblés qui s’y déroulent en toute impunité?

Actuellement la RDC est en effet l’un de pires élèves en matière du respect des droits de l’homme. Depuis le refus de Joseph Kabila de quitter le pouvoir au terme de son dernier mandat constitutionnel ayant expiré depuis septembre 2016, la violence, marquée par des séries de répression sanglantes généralement contre ceux qui s’opposent au maintient du pouvoir en place, s’accentue dans l’ensemble du territoire congolais. On dénombre déjà 90 fosses communes à travers le pays contenant entre autres les corps des victimes de la dernière manifestation contre le pouvoir. Au moins une vingtaine de prisonniers politiques sont incarcérés dans différents centres pénitenciers du pays. Sans oublier la censure que subissent des médias réputés proches de l’opposition politique. Avec un tel tableau sombre de la situation sociopolitique, la République démocratique du Congo ne devrait en aucun cas mériter une place dans l’organe intergouvernemental principal des Nations unies qui traite les questions relatives aux droits de l’homme dans le monde.

Les victimes se retournent dans leur tombe commune

Contre toute rationalité, la République démocratique du Congo, en dépit de ses mains sales, siégera bel et bien au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Malgré des appels à l’annulation de sa candidature, la RDC a réussi à se faire élire avec 151 voix sur 193 votants. Cela grâce au soutien dont elle jouit de la part des États africains où, à son instar, le régime dictatorial fait également rage. « Les loups ne se mangent pas entre eux », dit-on.

La RDC sera désormais parmi les membres qui serviront de chiens de garde contre toute atteint aux droits humains dans le monde entier. Alors qu’elle-même en a commis et continue à en commettre autant jusqu’à aujourd’hui. Pour preuve, elle fait actuellement l’objet d’une enquête judiciaire sous l’observation de la communauté internationale. Ceci après le meurtre des experts de l’ONU en mars dernier et la découverte des plusieurs charniers contenant pour la plupart les corps des civils tombés sous les balles de la répression. Des victimes qui se retournent sûrement dans leur tombe commune en apprenant que leur bourreau siégera en tant que juge pendant que sa place est logiquement dans le box des accusés.

Comme l’ont dit plusieurs organisations des droits humains, l’élection de la République démocratique du Congo au Conseil des droits de l’homme de l’ONU est une insulte à la mémoire des victimes ayant payé de leurs vies pour l’instauration d’un état de droit dans le pays. C’est également une invitation à son régime tortionnaire à continuer à étouffer la voix de la démocratie en toute impunité. Mais ce qui reste du moins sûr c’est que tôt ou tard, la vraie justice finira par trancher en faveur des opprimés.

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