En RDC, les contours d’un troisième dialogue se profilent

Le président congolais Joseph Kabila en 2014
Photo: Wikimedia Commons

Aux yeux de la plupart des acteurs politiques congolais, déçus par l’échec de l’application de l’accord du 31 décembre, l’idée d’un troisième dialogue devrait être une question à ranger dans le tiroir. Car les deux derniers dialogues, celui de l’Union africaine sous la médiation d’Edem Kodjo et celui du centre inter-diocésain modéré par l’église catholique, n’auraient servi que de tremplin au président Joseph Kabila afin de prolonger son règne à la tête du pays, estiment-ils.

« Kabila utilise les dialogues pour demeurer au pouvoir. Cette fois pas de troisième dialogue », avait tranché un cadre de l’Union pour la Nation congolaise (UNC), troisième force politique de l’opposition, lors d’une interview, le mardi 26 septembre dernier, au média en ligne Actualite.cd.

La réaction de cet opposant politique a été sans doute une réponse à Germain Kambinga. Ce dernier, après avoir occupé le portefeuille de l’Industrie durant la transition issue du premier dialogue, n’a pas été reconduit à l’actuel gouvernement qui repose sur l’accord engendré par le second dialogue. Pour ne pas s’effacer de la scène politique, Kambinga a créé “Le Centre”, une plateforme politique qui s’érige en défenseur d’un troisième dialogue en vue d’une sortie de crise imminente. Posture également adoptée par Samy Badibanga. Celui-ci, après avoir été éjecté de la primature qu’il dirigeait dans le cadre des compromis issus du premier dialogue, a fondé lui aussi son regroupement politique, “Les Progressistes”, pour prôner de nouvelles assises, cette fois sous l’égide des Nations Unies.

Dialoguer pour une transition sans Kabila

Ces propositions appelant à un troisième dialogue pour remédier à la crise ont été jusque-là balayées d’un revers de la main par une grande partie de l’opposition politique congolaise. Mais depuis la visite de l’émissaire de la Maison blanche Nikki Haley en République démocratique du Congo la semaine dernière, les doutes semblent se dissiper quant à la tenue de possibles nouvelles discussions politiques.

Dans une conférence de presse qu’il a tenue le mardi 31 octobre 2017, Félix Tshisekedi, responsable du Rassemblement, la principale plateforme politique de l’opposition, s’est enfin montré, bien qu’à juste mesure, favorable à un probable troisième dialogue pour palier à la crise.

« Nous ne sommes pas concernés par un autre dialogue. Mais si jamais un autre dialogue se tenait, cela ne devrait concerner que les conditions de départ de Joseph Kabila du pouvoir », a-t-il déclaré devant la presse nationale et internationale.

En tant que président du Rassemblement, principale force de l’opposition congolaise en terme d’influence, cette déclaration de Félix Tshisekedi aura sans doute un écho positif pouvant entraîner les autres regroupements politiques, plus ou moins radicaux, sur la voie de nouveaux pourparlers afin de réajuster ce qui ne va pas jusque-là.

En outre, ces déclarations de Félix Tshisekedi, bien qu’elles laissent des interrogations quant à leur applicabilité, donnent tout de même des signaux d’un éventuel nouveau dialogue. D’autant plus que lors de son passage en RDC durant lequel elle a suggéré la tenue des élections au plus tard en 2018, l’ambassadrice américaine à l’ONU semble avoir réussi à dissuader l’opposition de sa décision de recourir à la révolte pour chasser Kabila en cas de non-élection avant le 31 décembre prochain, telle que prévue par les conclusions du dernier dialogue. Cela semble laisser place à une seule option sur laquelle différentes structures de l’opposition devront se mettre d’accord : dialoguer une nouvelle fois avec le pouvoir, cette fois peut-être dans l’objectif d’obtenir une transition sans le président Kabila à la tête du pays.

Une réflexion sur “En RDC, les contours d’un troisième dialogue se profilent

  1. la situation politique dans mon pays la rdc reste d’actualité et l’alternance à la tête
    du pays est le souhait de tout citoyen animé par l’esprit democratique mais lorsque felix tshisekedi reclame une transition sans kabila je me demande cela se fera selon quelle base juridique, comme le calendrier est deja publié que l’opposition se prepare en force pour obtenir l’alternance tant souhaité par le congolais.

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