Comprendre l’hostilité de l’Église catholique face à Kabila

Paroisse Saint-Pie X dans la ville de Kinshasa pendant la messe du 25 février 2018/ Photo: Stanys Bujakera Tshiamala

Dans la lutte pour l’alternance à la tête de la RDC, l’Église catholique s’est invitée comme une troisième actrice. Depuis le 31 décembre 2017, elle a entamé une série de marches pacifiques contre le maintien au pouvoir de Joseph Kabila. Cette démarche traduit une frustration longtemps inavouée des prêtres vis-à-vis de la classe dirigeante.

Au départ arbitre dans la joute politique qui oppose Joseph Kabila et ses détracteurs, l’Église catholique décide cette fois de militer, sans se voiler la face, en faveur de l’alternance pacifique. Cause longtemps défendue par l’opposition politique congolaise.

Le troisième round de son face-à-face avec le pouvoir a donc eu lieu le dimanche 25 février 2018. Il s’est soldé par la mort de trois personnes tuées par balle. En dépit de la sanglante répression que ses manifestations connaissent, l’Église catholique reste décidée à poursuivre sa mobilisation exigeant le départ de Joseph Kabila du pouvoir. Une détermination motivée par le non-respect de l’accord dont elle est la génitrice grâce à l’implication d’un groupe d’évêques dans la crise politique que traverse le pays.

Cet accord signé le 31 décembre 2016 prévoit le partage du pouvoir entre le régime en place et son opposition pour une transition d’un an. Ceci pour permettre la préparation d’élections à l’issue desquelles Joseph Kabila devrait sortir par la grande porte, laissant la place à un nouveau président constitutionnellement établi.

Mais depuis sa signature, cet accord souffre de l’absence d’une mise en œuvre sincère de la part des autorités congolaises qui détiennent le monopole de son application. Celles-ci en ont foulé aux pieds certaines dispositions, attisant ainsi la colère de l’Église catholique qui déplore «des entorses» dont son œuvre est victime.

Dès lors, l’Église catholique monte au créneau pour dénoncer ce qu’elle qualifie de «pouvoir illégitime qui ne respecte aucun engagement et qui se maintien par la force contre la volonté du peuple».

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