Conférence des donateurs à Genève : Kinshasa et son honteux boycott

 

Lusenda, territoire de Fizi, Sud-Kivu, RDC: Une femme et son enfant dans le camp des réfugiés burundais de Lusenda.
Photo MONUSCO/Abel Kavanagh, depuis Flickr

La conférence des donateurs pour la République Démocratique du Congo s’est déroulée jeudi 12 avril à Genève en l’absence des autorités congolaises. Celles-ci ont maintenu leur décision de déserter cette messe de levée des fonds en faveur des victimes de la crise humanitaire en RDC. Un boycott teinté d’irrationalité vu que le gouvernement congolais a, finalement, exprimé son souhait de participer à la gestion de la somme collectée à l’issue de cette rencontre dans la capitale de la Suisse.

528 millions de dollars américains. Tel est le montant que l’ONU a réussi à mobiliser pour faire face à la crise humanitaire que traverse la République démocratique du Congo. Soit un tiers seulement de la somme (1,7 milliard) que la communauté internationale espérait collecter pour assister environ 13 millions des Congolais touchés par la crise.

L’échec de cette levée de fonds s’explique généralement par le refus du gouvernement congolais d’y prendre part. Malgré de nombreuses tentatives des diplomates étrangers pour convaincre Kinshasa de participer à cette conférence des donateurs, les autorités congolaises ont décliné l’invitation, accusant l’ONU de dramatiser la situation humanitaire que traverse le pays. Pire, elles ont battu campagne pour influencer d’autres États à boycotter à leur tour la conférence des donateurs à Genève.

Étonnant revirement du gouvernement congolais

A l’issue de la conférence humanitaire en faveur de la RDC, le gouvernement congolais, contre toute attente, n’a pas hésité à retourner sa veste. Par le biais du ministre des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu, l’État congolais a exprimé son souhait d’être associé à la gestion de ces fonds issus de la conférence qu’il a pourtant boudée.

Face à cette situation, l’opinion s’interroge : pour valoriser son ego, un gouvernement devrait-il mettre en péril la survie de sa population en quête d’une assistance humanitaire ? Pourquoi avoir rejeté la conférence des donateurs à Genève pour ensuite accepter de participer à la gestion des fonds qui y ont été collectés malgré tout ?

Quoi qu’on dise, la réaction de l’État congolais traduit une attitude irresponsable de ses dirigeants face à la détresse de ceux qu’ils gouvernent.

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