Crise en RDC : la déception de la SADC au sommet de l’Angola

Arrestation brutale en marge d’une manifestation à Kinshasa contre le pouvoir de Joseph Kabila (Photo d’illustration). © AA/Pascla Mulegwa

Les chefs d’États et des gouvernements de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) s’étaient réunis le mardi dernier à Luanda, capitale de l’Angola, notamment pour trouver des solutions sur la crise que traverse la République démocratique du Congo (RDC). Une réunion dont les résolutions n’ont pas correspondu aux attentes de nombreux Congolais.

A l’issue de cette réunion à Luanda, la SADC s’est montrée beaucoup trop complaisante à l’égard de Kinshasa. Notamment en parlant des avancées significatives quant à la résolution de la crise en RDC. Ce qui l’a conduit à renoncer à sa décision de dépêcher un envoyé spécial à Kinshasa pour suivre de près l’évolution de la situation politique qui y prévaut.

Le point de vue de la SADC contraste avec la réalité sur terrain. L’évolution de la situation sociopolitique en RDC va de mal en pis. Malgré la publication du calendrier électoral qui fixe la tenue des élections en décembre prochain, les querelles politiques ne se dissipent pas. Le processus électoral est jalonné de nombreuses irrégularités qui hypothèquent la tenue des élections à la date fixée. L’opposition accuse la Commission électorale (Ceni) de jouer le jeu du pouvoir, notamment en repoussant la tenue des élections censées permettre l’alternance pacifique entre le président sortant Joseph Kabila et son successeur. Sur fond de ce bat : la machine à voter. Outil imposé par la Ceni pour des élections à venir, mais fortement contesté par l’opposition et la communauté internationale. Celles-ci y dénoncent un moyen de truquer les résultats du vote. Entre temps le président Kabila, assis confortablement sur son fauteuil présidentiel, ne manifeste toujours pas la volonté de quitter le pouvoir à l’issue de ces probables élections auxquelles il n’a pas droit de se représenter, tel que la  constitution dispose.

Déception de la SADC

Dans cette spirale de la crise qui secoue le pays, les Congolais et certaines organisations d’appui à la bonne gouvernance espéraient de la SADC une position ferme susceptible de favoriser un dénouement pacifique de la situation politique que traverse la RDC.

«La SADC doit faire preuve de la volonté politique nécessaire pour prendre à bras-le-corps la situation déplorable des droits humains en RDC et appeler les autorités à respecter et à protéger les droits fondamentaux de tous et à faire respecter la Constitution (…)», avait déclaré Amnesty international une semaine avant la réunion de la SADC à Luanda sur la crise en RDC.

Cette déclaration d’Amnesty International est un cri d’alarme face à la dégradation humanitaire et aux nombreuses atteintes aux droits humains consécutives à l’instabilité politique dans le pays. Et la SADC devrait se montrer responsable en optant pour des décisions fermes susceptibles de faire évoluer positivement la situation politique. Contrairement à ce qu’espérait une grande partie de l’opinion tant nationale qu’international, la position de la SADC a malheureusement été un coup de pouce au pouvoir en place qui profite de l’instabilité pour régner aussi longtemps qu’il pourrait.

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