Blogueur du « Tiers-Monde » : entre la migraine et l’envie d’écrire

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10 mai 2016

Blogueur du « Tiers-Monde » : entre la migraine et l’envie d’écrire

Ceux qui le vivent ou l’ont déjà vécu connaissent très bien le supplice qu’on endure quand on est blogueur résidant dans un pays du « Tiers-Monde ». Le quotidien devient stressant. Surtout quand on brûle d’envie de donner le meilleur de soi-même mais que les conditions de vie en empêchent. De ce fait, on reste partagé entre l’envie d’écrire et le cumul de migraines qui se déclenchent à chaque frustration subie.

Je me rappelle encore ce soir… oui, ce soir où j’avais reçu le courriel de l’équipe de Mondoblog qui m’annonçait l’heureuse nouvelle de ma sélection pour la saison 5 de son concours. J’étais tellement fier de moi que j’avais jubilé pendant une bonne dizaine de minutes avant que… le froid s’installe.

Lapinou1Eh bien, non ! J’avais froid dans le dos, non pas à l’idée de ne pas pouvoir être à la hauteur mais plutôt, parce qu’en marge de la joie qui me comblait, j’étais aussi submergé d’inquiétudes. Je m’explique : donc pendant ce moment où je célébrais ma sélection dans Mondoblog, j’avoue que je ne réalisais vraiment pas les difficultés auxquelles je serai confronté pour remplir cette tâche qui m’est confiée, celle de poster régulièrement des billets dans mon espace afin de contribuer à l’émergence d’une blogosphère francophone internationale et dynamique.

Se réjouir de faire partie de la grande famille Mondoblog, ça valait la peine, bien sûr. Mais c’est quand mon esprit s’était détaché de moi pour me poser la question de savoir si j’avais assez de moyens  qui me permettront de mieux bloguer, que je m’étais tu immédiatement, laissant place aux cris des inquiétudes qui n’avaient pas tardé de m’envahir depuis ce soir là et qui persistent toujours jusqu’au moment où j’écris ces lignes.

Lapinou2Si ! J’ai des outils. J’ai la chance d’avoir un ordinateur personnel. Enfin, un vieil ordinateur âgé de cinq ans déjà. Même si sa batterie a déjà rendu l’âme, côté fonctionnement et état de mémoire c’est encore vivant. Donc, clairement, le plus gros problème ce n’est pas au niveau du matériel mais plutôt au niveau de l’environnement.

Tout comme dans la plupart des métropoles des pays en carence de développement, dans ma ville aussi, chaque jour, nous passons les trois-quarts de nos journées sans électricité. Et cela ne facilite pas la tâche à un blogueur, comme moi, qui a toujours quelque chose à écrire. D’autant que mon ordinateur n’a plus jamais eu de batterie, rappelez-vous. Donc, pour en faire usage, il faut insérer son cordon d’alimentation dans l’adaptateur ensuite brancher celui-ci sur une prise de courant. Même quand l’électricité est rétablie après une longue coupure, rien ne rassure le bon déroulement du travail car elle peut être recoupée à tout moment. Et si jamais cela arrive, vous savez ce qui se passe : mon laptop s’éteint directement, comme une télé, sans avertir. Ce qui provoque la perte de toutes les données non enregistrées. Bref, comprenez que la rédaction de mes billets, comme celui-ci que vous lisez, repose sur les caprices du courant électrique dans mon pays : source de migraine pour un blogueur qui a un tas de choses à raconter.

Loin de ce que l’on aura, peut-être, pensé, l’instabilité du courant électrique n’est pas l’unique cause qui déclenche la migraine chez un blogueur du « Tiers-Monde » comme moi. A cela, il faut ajouter, le difficile accès à internet qui est, évidemment, une autre source des soucis infestant un blogueur de P.M.A

En effet, dans beaucoup de pays qui représentent les niveaux les plus faibles de développement économique, l’internet reste encore un luxe dont la classe moyenne, au minimum, est susceptible de payer l’abonnement. Ainsi, les gens avec de maigres revenus en sont exclus. Voilà un handicap pour un blogueur ne faisant pas partie de la haute société.

Lapinou4A l’instar de ceux qui ne peuvent payer l’abonnement internet, je profite des offres spéciales qui découlent de la rude concurrence entre opérateurs. La plus utilisée c’est le « forfait-nuit ». Elle permet aux gens avec de faibles revenus d’acheter à moindre coût une importante quantité de forfait internet mais qui sera uniquement valide de minuit à 6 heures du matin. Voilà un véritable trésor pour un blogueur tiers-mondiste qui, malheureusement, doit troquer ses heures de sommeil contre cette offre spéciale pour pouvoir poster ses articles dans son espace web.

Hormis cela, il existe aussi des cybercafés dans ma ville qui aménagent des ordinateurs connectés pour que les gens, n’ayant pas assez de moyens de payer l’abonnement internet, puissent y avoir accès au grand réseau en échange de quelques sous seulement. Sauf que cette dernière méthode reste encore la moins appréciée pour un blogueur qui se respecte, c’est-à-dire, celui qui prend le temps nécessaire d’écrire, d’insérer des liens hypertextes, de lire et relire son texte avant publication afin de présenter à son lectorat un article de qualité.

Lapinou3En fait, ça dépend de la somme qu’on a prévue de débourser pour avoir accès à internet. Car dans les cybercafés de ma ville, la facture est calculée en fonction du temps passé devant un poste connecté. Plus vous y restez longtemps, plus l’addition à payer s’allonge. Cela est un désavantage pour un blogueur qui, au lieu de prendre le temps de bien passer au crible son texte pour éradiquer entre autres les erreurs de frappe, aura plutôt tendance à travailler à la va-vite dans le but d’échapper à une facture salée.

Voilà que la vie d’un blogueur de P.M.A n’est pas facile. Mais parce que l’on a juré fidélité à vous, chers voisins, ça ne vaut pas la peine de renoncer à cette belle aventure… même si j’ai déjà la migraine en ce moment même vu que je ne sais pas encore comment je ferai pour poster ce présent billet dans mon blog.

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Commentaires

Ianjatiana
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Bonjour et bienvenue sur Mondoblog voisin! :)

Will Cleas
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Merci beaucoup Lanjatiana :)