Les quatre plus gros mensonges de Kabila dans son message de vœux à la nation

Article : Les quatre plus gros mensonges de Kabila dans son message de vœux à la nation
16 janvier 2018

Les quatre plus gros mensonges de Kabila dans son message de vœux à la nation

Le 30 décembre dernier, le très controversé chef d’État congolais Joseph Kabila a tenu quand-même à présenté ses vœux à la nation congolaise à l’occasion des festivités de la fin de l’année 2017 et du début de l’année 2018.

Ce discours de vœux, intervenu le soir de la marche anti-pouvoir violemment réprimée par l’armée, a sûrement été une manière, pour l’homme fort du Congo, de défier ceux qui veulent obtenir imminemment son départ. Mais aussi de prouver au monde entier qu’il jouit encore de la confiance d’une poignée de Congolais. Seul couac : tout au long de son discours, Kabila a multiplié des faussetés à travers des déclarations assez cyniques. Nombreux sont ceux qui estiment qu’au lieu de se prononcer, le président congolais aurait dû se taire, exactement comme il l’avait fait en 2016.

Passons aux quatre grosses contre-vérités qu’on a pu entendre dans le énième message de vœux de Joseph Kabila aux Congolais. Prière de vous abstenir, si vous êtes allergiques aux mensonges 🙂

  1. Stabilité économique

«Malgré les défis et les accueils rencontrés, l’année qui s’achève a connu des avancées significatives tant sur le plan économique que sécuritaire si bien que, globalement, le pays jouit d’une stabilité appréciable », a soutenu Joseph Kabila dans son discours de vœux à la nation. Une déclaration contraire à la réalité sur terrain.

Tout le monde sait qu’actuellement l’économie de la RDC est sous perfusion.  Depuis juillet 2016, la monnaie nationale connait une dépréciation vertigineuse. Les indicateurs économiques sont au rouge. Les prix des produits dans le marché, ayant doublé en l’espace de quelques mois seulement, continuent à grimper. Et Bruno Tshibala, Premier ministre de l’actuel gouvernement de transition, peine jusque-là à stabiliser cette hémorragie économique, contrairement à ce qu’il l’a promis après sa nomination.

  1. Stabilité sécuritaire

Sur le plan sécuritaire, Kabila a encore pris de la distance avec les faits en parlant d’une « situation appréciable». Une énorme distance à tel point qu’on penserait que «JKK», comme l’appellent ses adulateurs, aurait peut-être recours aux antiphrases pour mieux expliquer le chaos dans lequel le pays se trouve.

En effet, la situation sécuritaire est critique dans l’ensemble du pays. Preuve en est qu’au début du mois de décembre dernier, le Human Right Watch (HRW), ONG internationale des droits de l’homme, avec le Groupe d’étude sur le Congo de l’Université de New York avaient publié un inquiétant baromètre de la situation sécuritaire qui prévaut dans les deux provinces du Nord et Sud-Kivu. Le baromètre a démontré que ces deux provinces, situées dans l’est de la RDC, abritent en elles-seules au moins 120 groupes armés actifs, responsables des tueries et d’autres exactions à répétition. Cela n’est qu’une pointe de l’iceberg quant à l’instabilité sécuritaire qui sévit en RDC. Particulièrement, dans cette partie du pays, théâtre des conflits armés depuis plus de 20 ans déjà.

  1. La mise en œuvre de l’accord du 31 décembre

Joseph Kabila dit que l’année 2017 a été celle de la mise en œuvre de l’accord de la Saint-Sylvestre. Une déclaration contraire aux faits. Vu que ce compromis politique, signé à l’issue du dialogue modéré par l’église catholique, a été victime d’entorses, tel que les évêques (qui en sont les géniteurs) l’ont reconnu. Ayant garanti les mesures de décrispation politique et l’élection du nouveau président au plus tard le 31 décembre 2017, cet accord a été court-circuité par le pouvoir afin de permettre à Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir.

A lire aussi: 110 jours pour un accord qui peine à sauver le Congo
  1. La prise en charge du processus électoral

Dans son allocution à la nation, Kabila se félicite de la promulgation de la loi électorale, prévue par le calendrier électoral, publié en novembre dernier après la pression de la communauté internationale. A ce sujet, le président congolais invite les Congolais à s’impliquer dans ce processus électoral qui, d’après lui, serait entièrement financé par le gouvernement. Une déclaration contraire à la position de la Commission électorale nationale et indépendante (CENI). Dans le calendrier électorale, la CENI dit compter entre autres sur des partenaires internationaux pour pallier aux contraintes financières susceptibles de retarder la tenue des élections en décembre 2018, telle que prévue.

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Commentaires

kevinho
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《Le très controversé chef d'état congolais 》