Présidentielle en RDC : Moise Katumbi sur les peaux de banane

Moise Katumbi, ancien gouverneur du Katanga et candidat déclaré à la prochaine présidentielle en RDC/ Photo: Flickr

Favori à la présidentielle prévue en décembre 2018 par le calendrier électoral, Moise Katumbi fait face à des entraves visant à l’écarter de la course pour le fauteuil présidentiel en République démocratique du Congo.

Ancien pilier du régime du président Joseph Kabila, Moise Katumbi, avait déserté en 2015 son poste de gouverneur du Katanga, province la plus riche de la RDC en minerais. Se désolidarisant du président sortant, Katumbi avait trainé avec lui un nombre important de poids lourds politiques pour préparer son accession au pouvoir et succéder à son mentor à l’issue des élections qui devraient se tenir en 2016, selon la constitution.

Mais la route vers le Palais de la Nation (Maison présidentielle en RDC) ne sera jamais simple pour l’ancien gouverneur du Katanga. Bien qu’il jouisse d’une popularité qui pourrait sans doute le propulser à la tête du pays en cas de la tenue des élections, Moise Katumbi fait face à des embûches notamment de la part de la Majorité présidentielle (MP), son ancien camp. Ce dernier ne souhaite pas le voir devenir président de la République. Pour cela, il lui met des bâtons dans les roues en vue de le disqualifier de la course pour la magistrature suprême. Car, vu sa notoriété au sein de la société congolaise, Katumbi se présente comme un concurrent de taille susceptible de succéder à Joseph Kabila. Alors que le président congolais en exercice ne manifeste encore aucune intention de quitter le pouvoir à l’issue de prochaines élections.

Le dernier coup dont Katumbi est victime pourrait lui rendre la tâche encore beaucoup plus inextricable que cela ne paraisse déjà. D’après certains documents, relayés notamment par son ancienne famille politique la (MP), Katumbi aurait détenu la nationalité italienne depuis 2000 avant d’y renoncer en 2017. Cette révélation pourrait coûter à l’ancien gouverneur du Katanga son rêve de devenir président de la RDC. D’autant que la constitution congolaise, dans son article 10, défend la détention de double nationalité pour un candidat présidentiel.

En dépit des entraves, Moise Katumbi tente de garder la tête haute. Notamment à travers « Ensemble », sa nouvelle plateforme électorale qu’il a récemment lancée dans la perspective de remporter la prochaine présidentielle. L’affaire de double nationalité reste néanmoins un coup de pouce pour la classe dirigeante qui ne cesse de multiplie des stratégies dans le but d’effacer Katumbi de la course à la présidence. A cela s’ajoutent les démêlés judiciaires dont l’ancien gouverneur fait l’objet. Cela l’a contraint en exil forcé depuis mais 2016 jusqu’à aujourd’hui. Bien qu’il ait annoncé pour une énième fois, son retour dans le pays demeure incertain.

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